« Votre stage permet de se remettre en question » (Ibrahim Sow, éducateur PJJ)

Dans le cadre d’un appel à projets de la DDJSCS d’’Île-de-France, Foot Citoyen a réalisé un stage aux étangs de Cergy-Pontoise. Durant ces trois jours et deux nuits, une vingtaine de jeunes, suivis par les structures de la Protection Judiciaire de la Jeunesse du Val-d’Oise, ont débattu, réfléchi, joué, ri… Au fil de mots et d’ateliers thématiques, ils ont avancé ! Ibrahim, éducateur à la PJJ 95, nous livre son ressenti.

Que retiens-tu du stage Foot Citoyen ?
Que du positif ! Je suis arrivé avec des jeunes que, pour ma part, je ne connaissais pas très bien, et en très peu de temps, vous êtes parvenus à créer un groupe et un esprit de groupe. Ce que j’ai trouvé intéressant également, c’est qu’on pouvait travailler, à travers le foot, sur bon nombre de valeurs que l’on va pouvoir utiliser par la suite.

Ce stage va donc te servir après ?
Clairement ! Par exemple, j’ai retrouvé un jeune du stage avec qui j’ai échangé, et j’ai pu le reprendre sur ce qu’il disait et lui dire : « Là, tu viens de dire ça, mais est ce qu’en te replongeant dans le stage Foot Citoyen, tu penses la même chose ? »… Les idées et les valeurs citoyennes que vous nous avez transmises durant ces trois jours permettent de faire le parallèle avec le quotidien et de reprendre, après, les choses qu’on a pu travailler.

« Je me suis rendu compte qu’on pouvait vraiment aller plus loin, sur le vivre ensemble, le comportement… Vous m’avez aussi amené à réfléchir sur moi. »

Tu t’attendais à ça ?
Oui, car j’avais discuté avec des collègues qui avaient participé à un de vos stages, mais je ne pensais que vous étiez en capacité d’aller aussi loin. J’ai également été agréablement surpris par le groupe et sa dynamique.

D’où est venue, à ton avis, cette dynamique de groupe ?
Je pense que c’est la manière dont vous avez amené les choses. Vous mettez les jeunes en confiance. Ils parlent et se rendent compte que vous les écoutez, qu’il n’y a pas de mauvaises réponses. Ce qui est dit va nourrir un débat et construire un avis. C’est vraiment les intervenants qui ont mis cette dynamique. Il y avait le contenu et la façon dont vous l’avez traité était vraiment adaptée à notre public.

Au niveau du terrain, tu as vu des choses intéressantes ?
Pareil ! Sur chaque jeu, il y a de la réflexion. Peu à peu, vous les amenez à concrétiser ce qu’ils ont dit et entendu le matin de manière plus théorique. Ça montre que le football, c’est aussi beaucoup de réflexion, ça n’est pas que taper dans un ballon. Très vite, on a vu un collectif et une certaine solidarité se créer, le projet de jeu se construire. Et c’est intéressant car ça rentre vraiment dans les valeurs du Challenge Michelet (NDLR : compétition sportive nationale réunissant plus de 300 jeunes suivis par la PJJ), auquel 6, 7 jeunes de ce stage devraient pouvoir participer.

Y a-t’il des choses que, toi, en tant qu’éducateur, mais aussi entraîneur de foot, tu vas utiliser également ?
Oui, la transmission par le sport de valeurs citoyennes. J’étais plus sur le respect des règles, de la Loi, etc… Mais, là, je me suis rendu compte qu’on pouvait vraiment aller plus loin, sur le vivre ensemble, le comportement… Vous m’avez aussi amené à réfléchir sur moi. Ma position au niveau du sport était un peu contradictoire par rapport à ce qu’on peut transmettre aux jeunes comme valeurs, dans la vie de tous les jours. D’un côté, on accepte la simulation, où si c’est bien fait, on se dit pourquoi ne pas gagner à travers ça… Alors que, finalement, c’est totalement contraire aux valeurs qu’on veut transmettre aux jeunes en leur disant de ne pas tricher dans la vie, qu’il faut être honnête, respecter certaines choses pour avancer… Avec vous, on prend conscience de cela et on voit que dans notre pratique sportive, nous ne sommes pas forcément exemplaires. Votre stage permet de se remettre en question car vous voyez beaucoup plus loin que le seul football. On remet ça quand vous voulez !