Michel Mezy : « Laissez les enfants jouer ! »

« Arrête de dribbler » « Tu te crois tout seul ? » « Le foot, c’est des passes » « Si tu dribbles et qu’on perd la balle, on est pas bien » Voici le genre de commentaire que l’on entend souvent sur les bords des terrains de la part des entraîneurs ou des parents. On ne parle pas ici du joueur qui monopolise le ballon sans voir ses copains autour, mais du jeune qui, simplement, ose, crée, essaie d’éliminer un adversaire balle au pied. Les entraîneurs amateurs prônent le plus souvent un jeu léché, ultra collectif, où la qualité des passes et des déplacements, la vision du jeu, sont prioritaires. C’est une tendance positive, tant qu’elle ne verse pas dans les extrêmes et qu’elle n’enferme pas les joueurs dans un schéma figé où ils n’ont plus de liberté, où ils doivent suivre à la lettre les consignes du coach. Jean-Claude Suaudeau, l’un des penseurs du jeu à la nantaise, champion de France en 1995 avec son équipe au fantastique jeu collectif, l’a toujours dit et répété : « N’empêchez jamais un joueur de dribbler. Je ne supporte pas les entraîneurs qui disent cela aux jeunes. » Michel Mezy, le fidèle conseiller des présidents Nicollin, Louis et aujourd’hui Laurent, au Montpellier Hérault SC, pense la même chose. Il avait exprimé son approche du football et de la formation au cours d’une émission « Au foot Citoyens ! » diffusée sur TV SUD en 2015, exhortant les entraîneurs de jeunes à laisser les enfants être des… enfants : « Laissez les jouer, laissez les rêver ! »