Formation méthodologie et contenu projet

Le 20 avril dernier, Foot Citoyen menait une séance de formation auprès d’une dizaine d’éducateurs en formation à la Protection Judiciaire de la Jeunesse à Marseille. Au programme : comment et pourquoi mener des projets d’éducation par le football ?

« Ce que j’ai voulu partager avec vous, cette après-midi, c’est plus une expérience, un cas pratique, que quelque chose de théorique. Pour moi, parce que je travaille avec eux depuis trois ans maintenant, il était évident que cette formation sur la méthodologie de projet, entre l’imagination de l’action, l’écriture, la réalisation et les bilans, c’était avec Foot Citoyen que cela devait se faire. » Pour Emmanuel Ferrer, éducateur (et formateur du jour) à la Protection Judiciaire de la Jeunesse, sur Marseille, travailler avec notre association, la mettre en lumière aussi, devant 10 éducateurs en formation, était donc une évidence.

Il faut dire que depuis trois ans, on a appris à se connaître et à (bien) travailler ensemble. Au gré d’ateliers, d’actions, de journées dédiées, de stages d’éducation à la citoyenneté par le football, on a créé un lien de confiance, dans un sens ou dans l’autre, dans le respect des uns et des autres. Confiance, un maître mot, que l’on aime, à Foot Citoyen, décliner au quotidien : faire confiance, donner confiance, avoir confiance, être en confiance… Et amener ainsi, chacun à se réaliser, s’épanouir, se responsabiliser.

Comment concevoir des projets d’éducation par le football ?
Même si l’impact de Foot Citoyen sur les jeunes, à travers nos stages d’éducation par le football, est immédiat et évident, il est important de pouvoir travailler sur les courroies de transmission, à savoir les entraîneurs et éducateurs. C’est ce que nous nous attelons à réaliser depuis toujours, afin de permettre à tous ceux qui encadrent des jeunes, dans le domaine du foot ou d’ailleurs, de pouvoir communiquer et véhiculer un message éducatif et une méthode qui nous sont chers.

C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés au Domaine des Chûtes-Lavie, à Marseille, pour répondre à la mission donnée par Manu Ferrer : « Briefer les éducateurs en deuxième année de formation sur la possibilité de monter des projets, les concevoir, les faire financer et vivre avec une association support, sans occulter la finalité, l’objectif à atteindre et les moyens de mise en oeuvre » Nous nous installons donc dans une salle du bâtiment du Pôle Territorial de Formation, où nous avons souvent mené des stages à l’attention de jeunes. Face à une dizaine d’éducatrices et éducateurs, nous expliquons alors la genèse d’une relation avec la PJJ qui ne cesse, depuis dix ans maintenant, de se développer. Sète, ville départ, Paris, Roubaix, pour une semaine de formation, d’abord, puis l’officialisation d’un accord cadre signé en 2011, Sens, Marseille, Villeneuve-lès-Maguelone, Fleury-Mérogis… C’est à un véritable tour de France de nos actions estampillées PJJ que nous nous livrons, en démantelant le processus d’une idée, tant sur le plan administratif qu’éducatif, jusqu’à sa concrétisation.

L’importance de faire adhérer les jeunes à ses projets
Foot Citoyen parle, Manu décortique, pose les mots justes sur ce cours en méthodologie. Comme d’habitude, comme avec nos jeunes, entre éducateurs PJJ et intervenants Foot Citoyen, ça match bien ! Une fois l’écrin posé, on aborde alors le cœur d’une action, les objectifs à atteindre, le pourquoi, le comment… Les films réalisés sur Marseille depuis trois ans aident nos stagiaires à comprendre. Comment construire une relation avec un jeune à travers le football, sport populaire, passionnel, mais si souvent élitiste, concurrentiel, déstructurant, cercueil d’ambitions et d’espoirs perdus, d’estime de soi abîmée, chez des jeunes déjà (souvent) en manque de repères dans leur quotidien ? Comment amener le jeune à se sentir bien, à s’exprimer, via le ballon rond, sur des sujets qui vont faire résonnance chez lui ? Les images des vidéos montrent des gamins impliqués, concernés, lors de nos ateliers d’échanges et de terrain traitant des sens et valeurs du sport, du rapport à l’autorité, de l’acceptation de la décision, la gestion de la frustration, le respect de l’autre, même dans ses différences… Les stagiaires voient, mesurent les conséquences de la valorisation, l’impact d’une bonne communication, la force des mots employés et de l’action, pour amener chacun à s’exprimer, à jouer et à vivre en confiance, en soi, mais aussi en l’autre. Ils voient le résultat. Mais pour tout cela, il y a une recette : la co-construction d’un projet et leur adhésion. Comme l’explique Mohamed Berrag, référent « terrain » pour l’association Foot Citoyen : « Vous pouvez écrire tout ce que vous voulez sur un papier, avoir la sensation d’avoir pensé le plus beau des projets… Mais si les jeunes ne s’en emparent pas, ne l’habillent pas de leurs mots et de leurs pensées, ça ne pourra pas fonctionner. »

L’avantage d’une telle méthode, c’est qu’elle s’applique partout et avec tout le monde. Comme cette après-midi de formation, où les éducateurs se livrent, posent leurs questions, expriment leurs impressions et montrent aussi, et surtout, leur envie de monter des projets. Le message est passé, Manu peut conclure la formation : « Dernier petit conseil : si vous portez une action, faites le avec une association comme Foot Citoyen, qui a le savoir faire et les compétences, en qui vous pouvez avoir confiance et avec laquelle vous passerez un bon moment, tant professionnellement qu’humainement. »